Piranesi, le Rembrandt de l’architecture

Giovanni-Battista, ou Giambattista Piranesi, est né à Mozano di Mestre le 4 octobre 1720 et décédé à Rome le 9 novembre 1778.

Dessinateur, graveur et architecte, il aimait reproduire avec sa pointe de graveur les vestiges de la puissance romaine.
En 1735, il étudie l’architecture chez son oncle Matteo Lucchesi, puis la gravure à Venise chez Carlo Zucchi qui l’initie également à l’art de la mise en scène. En 1740, recruté comme dessinateur dans la suite de l’ambassadeur de Venise, il va perfectionner son apprentissage de la gravure et apprendre la technique de l’eau-forte.
Il décide d’approfondir ses connaissances dans le domaine de la gravure auprès de l’architecte sicilien Giuseppe Vasi. Cette collaboration est de courte durée. L’élève dépassant le maître, il est renvoyé sous prétexte qu’ »[il est] trop un peintre pour être graveur ». Piranese ne se laisse pas intimider. Il se perfectionne dans l’art de la perspective et publie en 1743 un important recueil de gravures d’architecture, La prima parte d’Architectura.
Il voyage à Naples puis retourne quelques années à Venise où il travaille de 1743 à 1747 sur les Carceri (prisons imaginaires). En 1747, il s’installe définitivement à Rome. Il entreprend les Vedute di Roma (Les vues de Rome), série qui devient un véritable répertoire des formes pour les architectes, peintres et sculpteurs français de cette époque. Giovanni-Battista ne cessera de l’enrichir jusqu’à sa mort. Elles connurent de nombreuses impressions.

Les planches conservées par la bibliothèque d’Auch dans ses fonds patrimoniaux sont réunies dans un portfolio (A. 56). Elles portent l’adresse de Bouchard et Gravier qui furent les premiers éditeurs de Piranese à Rome [C. 1758-1759]. De dimensions spectaculaires, elles ont permis à l’artiste doté d’une incroyable imagination d’inclure dans ses gravures de nombreux détails fourmillant de vie : carrosses, échoppes de marchands… Sa précision de représentation, sa maîtrise technique font de Piranese, toujours considéré comme architecte, un des plus grands graveurs du 18ème siècle.

Peau d’âne

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Relisez vos classiques : La débâcle, d’Emile Zola (1892)

La parution de La Débâcle, en 1892, a attiré pas mal d’inimitiés à Zola. Car il décrit les horreurs de la guerre de façon très crue, évoquant les ventres ouverts, les chevaux coupés en deux, les amputations pratiquées à vif, faute de chloroforme. Il parle également de la désorganisation de l’armée napoléonienne, des ordres contradictoires, des mouvements de troupe inutiles, de l’Etat Major incompétent, de cet énorme gâchis qui précède le désastre de Sedan. Cela lui valut d’être taxé d’antipatriotique.

Zola réussit ici un tour de force. Tout en évoquant la réalité brute du champ de bataille, il parvient à insuffler malgré tout un peu de poésie dans le récit.

[Maurice et Jean] finissaient par ne plus même se hâter, au travers du bois maudit. L’horreur s’était encore accrue, parmi ce peuple d’arbres bombardés, tués à leur poste, s’abattant de tous côtés comme des soldats immobiles et géants. Sous les frondaisons, dans le délicieux demi-jour verdâtre, au fond des asiles mystérieux, tapissés de mousse, soufflait la mort brutale.

Dans cet avant-dernier roman de la série des Rougon-Macquart, on retrouve Jean Macquart, qui, après la mort tragique de sa femme dans La Terre, s’est engagé dans l’armée napoléonienne. Il sera présent à nouveau dans Le docteur Pascal.

Madame Bovary

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The Wolf Among Us – 2ème partie et fin

Il y a quelques jours, vous avez peut-être lu une présentation de The Wolf Among Us. Ayant terminé le jeu, voici la suite et la fin de la critique.

La base des jeux édités actuellement par Telltale Games porte sur les choix que nous allons devoir entreprendre durant la partie. Choix dans les dialogues et les actes, ce qui influera par la suite sur le déroulement du scénario. Dans The Wolf Among Us, en incarnant le shérif Bigby (ancien grand méchant loup), de part le cadre de l’enquête et notre statut d’homme de loi, nous allons bien évidemment être confrontés à de nombreux choix cruciaux et surtout moraux. Par exemple, pendant l’interrogatoire de cet énergumène de Tralalère (l’un des jumeaux dans le conte d’Alice au pays des Merveilles), est-ce que je continue de lui poser des questions ou bien est-ce que je lui envoie mon poing dans la figure pour le rendre plus loquace ? Tout en ayant conscience que ma déontologie m’interdit de le savater, mais qu’en plus, Tralalère s’en souviendra et que cela influera sur son comportement et la suite des recherches. Mais franchement, il mérite de manger ses dents…

Toutes les actions que l’on va entreprendre vont donc créer des ramifications sur le scénario. Cette impression d’immersion dans le jeu et l’histoire est alors stimulée.

The Wolf Among Us est donc à mes yeux une réussite complète et répond à mes attentes dans un jeu-vidéo, le design est de qualité et le gameplay de Telltale Games s’adapte parfaitement à l’univers du comics Fables.

N’hésitez pas à venir découvrir ce jeu-vidéo en salle numérique

Less’ Klave

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Tout sur le cinéma

Nastassja Kinski dans "Tess" de Roman Polanski (1979)

Tout sur le cinéma. Panorama des chefs-d’oeuvre et des techniques, sous la direction de Philip Kemp, Flammarion, 2014.

Les éditions Flammarion ont publié en 2014 un ouvrage magnifique couvrant toute l’histoire du cinéma, des origines (avec Le Voyage dans la lune de Georges Méliès en 1902, par ex.) jusqu’à 2009 (avec l’analyse d’Un Prophète de Jacques Audiard).

Richement illustré de nombreux photogrammes le livre condense en 575 pages les principaux événements esthétiques qui ont permis au cinéma (une attraction foraine au départ, à la fin du dix-neuvième siècle) de devenir l’art le plus populaire mais aussi parfois le plus raffiné du vingtième siècle. Car dès la période du muet l’art filmique met en place ses outils, ses machineries et ses techniques pour raconter une histoire avec des images mouvantes. Sur ces bases narratives le cinéma ne va jamais cesser de s’affirmer, et va vite devenir le médium le plus efficace, le plus universel, pour subjuguer n’importe quel public, aux quatre coins de la planète. En outre le cinéma continue d’innover au fil de son histoire : apparition du parlant le 23 octobre 1927 (jour où Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland sort à New-York), invention du Technicolor, du Scope, de la 3D… Si bien qu’il pousse ses créateurs à toujours plus d’originalité et de fantaisie.

De plus le cinéma est le seul art capable de concilier tous les publics, il ne demande aucune compétence particulière pour éprouver du plaisir à la vision d’un film (a contrario de la peinture sur chevalet, de la danse ou de l’opéra par exemple, qui demandent une certaine éducation de l’œil et de l’oreille). Toutes les classes sociales, toutes les couches socio-culturelles sont touchées en même temps, au même endroit, par ce qui se passe sur le grand écran lors d’une projection d’Alexandre Nevsky de Sergueï Eisenstein en 1938 ou de Pulp Fiction de Quentin Tarantino en 1994.

L’ouvrage utilise un système décimal (de 1900 à 1929, de 1930 à 1939, etc.) qui permet d’explorer chaque décennie et d’en avoir une vue synthétique, avant de se pencher sur un ou plusieurs films en particulier, œuvres phares symbolisant parfaitement la période étudiée : ainsi La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin (1925) et Le Mécano de la Général de Buster Keaton (1926) illustrent à merveille l’âge d’or des comiques du muet aux Etats-Unis dans les années 1920.

Véritable encyclopédie portative très agréable à lire et commode à consulter Tout sur le cinéma comblera à la fois l’amoureux occasionnel des films comme le cinéphile le plus pointilleux.

Un vrai bonheur de lecture.

Marcellien

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Relisez vos classiques : Les jumeaux de Black Hill, de Bruce Chatwin (1982)

Né en 1940, Bruce Chatwin est surtout connu pour ses récits de voyage. Très jeune, à treize ans, il part seul pour la Suède. Plus tard, il séjournera au Soudan puis, quelques années après, à la pointe de l’Amérique du Sud. Ce voyage sera le sujet de son livre En Patagonie, paru en 1977. Les jumeaux de Black Hill lui vaudra une notoriété internationale.

Depuis leur plus tendre enfance, les jumeaux Lewis et Benjamin vivent à la Vision, la ferme de leurs parents. Leur mère, Mary, était la fille d’un pasteur, et avait vécu aux Indes pendant son enfance. Elle garda de cette époque un carnet de croquis, et transmit à Lewis l’amour des contrées lointaines. Amos, leur père, l’épousa après un premier mariage malheureux. Très amoureux au départ, le jeune couple connut des moments difficiles du fait de l’hostilité manifeste de la mère d’Amos. Ce dernier, très proche d’elle, prit trop souvent sa défense contre son épouse. La naissance d’une fille jeta le trouble dans la famille : tandis que Mary délaissa sa fille au profit des jumeaux, et en particulier de Benjamin, plus chétif que son frère, Amos accomplit le mouvement inverse. Pourtant, il la jeta dehors à l’adolescence, lorsque Rebecca avoua être enceinte. Dès lors, il ne fut plus jamais le même, et à sa mort, Mary et les jumeaux vécurent tous trois dans la ferme familiale. Malgré quelques divergences sur la façon d’administrer la ferme, aucun des jumeaux ne voulut partir, fonder une famille, et mener sa vie ailleurs. Chronique de deux vies étroitement liées, vues au travers du 20e siècle, de ses guerres, et de ses innovations techniques.

Madame Bovary

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À lire absolument : Le météorologue, d’Olivier Rolin

À l’occasion d’un voyage aux îles Solovki pour les besoins d’un film, Olivier Rolin découvre dans la bibliothèque du monastère un album d’herbiers, de dessins et de lettres adressées à sa fille par Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, météorologue, déporté en 1934. Victime de la terreur stalinienne parmi tant d’autres, il occupe les rares instants qu’il peut voler au travail à composer pour Eléonora, trois ans et demi, des planches éducatives reproduites en fin d’ouvrage. Touché par cette histoire, Olivier Rolin a mené des recherches approfondies et reconstitue pour le lecteur l’histoire de cet homme moyen, ni lâche, ni héroïque, qui se raccroche, pour ne pas sombrer, à l’amour qu’il porte à sa famille et aussi, malgré tout, à sa « confiance dans le Parti et le pouvoir soviétique ».

Pendant mes promenades, (…) je parle à la lune et je lui demande de transmettre mon salut à mes chéries. Elle vous envoie sa lumière en même temps qu’à moi.

Un récit très touchant, que je vous recommande vivement.

Madame Bovary

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