Une île, un livre : Comme un roman, de Daniel Pennac
Posté dans Un peu, beaucoup... le 28 juillet 2010
Pour répondre à l’invitation d’Alya-Dyn, je vous convie à découvrir Comme un roman, de Daniel Pennac. On y trouve toujours matière à réflexion !
Peu d’objets éveillent, comme le livre, le sentiment d’absolue propriété. Tombés entre nos mains, les livres deviennent nos esclaves – esclaves, oui, car de matière vivante, mais esclaves que nul ne songerait à affranchir, car de feuilles mortes. Comme tels, ils subissent les pires traitements, fruits des plus folles amours ou d’affreuses fureurs. Et que je te corne les pages […] et que je te pose ma tasse de café sur la couverture, ces auréoles, ces reliefs de tartines, ces taches d’huile solaire… et que je te laisse un peu partout l’empreinte de mon pouce, celui qui bourre ma pipe pendant que je lis… et cette Pléiade séchant piteusement sur le radiateur après être tombée dans ton bain (« ton bain, ma chérie, mais mon Swift ») et ces marges griffonnées de commentaires heureusement illisibles, ces paragraphes nimbés de marqueurs fluorescents… ce bouquin définitivement infirme pour être resté une semaine entière ouvert sur la tranche, cet autre prétendument protégé par une immonde couverture de plastique transparent à reflets pétroléens… […]
Tout, nous faisons tout subir aux livres. Mais c’est la façon dont les autres les malmènent qui seule nous chagrine…
Gabriel32
Additifs alimentaires : le guide indispensable pour ne plus vous empoisonner
Posté dans Un peu, beaucoup... le 23 juillet 2010
Vous êtes un fondu de pâte à tartiner au chocolat ? Une inconditionnelle des produits allégés ? Ces produits, et bien d’autres, contiennent des additifs alimentaires. E 904, E 1520, E 331… On les trouve presque partout. Que sont réellement ces substances ? Quels peuvent être leurs effets sur l’organisme ? Morceaux choisis :
GLUTAMATE MONOSODIQUE (E 621) : additif neurotoxique qui a donc la capacité de détruire les neurones du cerveau très rapidement. Il est très difficile d’éviter cet additif présent dans presque tous les aliments transformés.
On le trouve notamment dans les chips, gâteaux apéritif, bâtonnets de crabe, plats préparés, soupes en sachet…
ASPARTAME” (E 951) : selon le spécialiste mondial de l’aspartame, Dr. H. J. Roberts, “l’aspartame est un véritable poison.” C’est en fait un produit neurotoxique pouvant provoquer plus de quatre vingt douze symptômes. Cet additif n’aurait jamais dû être autorisé.
Rappelons-le, l’aspartame remplace le sucre dans les produits allégés.
Corinne Gouget cite (de façon non exhaustive mais sa liste est déjà impressionnante), les effets secondaires de ces substances. Elle indique notamment que l’hyperactivité de certains enfants est due à une surconsommation d’aditifs alimentaires, présents en grande quantité dans les sodas, boissons et bonbons que nous leur donnons. Réduire la consommation de ces aliments permet quelquefois d’éviter un traitement médicamenteux et d’améliorer grandement le confort de vie des enfants.
Heureusement tous les additifs alimentaires ne sont pas nocifs. Pour nous aider à y voir plus clair, un code couleur est attribué à chaque additif en fonction de sa dangerosité :
-
vert : considéré comme inoffensif à ce jour
-
orange : additif pour lequel les rapports scientifiques sont contradictoires
-
rouge : additif à éviter
Ce petit livre a le mérite de provoquer une vraie prise de conscience et de donner envie de mieux maîtriser le contenu de nos assiettes. Pour cela, une seule solution : suivre le conseil de Candide, à la fin de l’œuvre éponyme. “Il faut cultiver notre jardin.”
Madame Bovary
Yôko Ogawa, la vie sous les mots
Posté dans Lumière sur..., Un peu, beaucoup... le 16 juillet 2010
En pénétrant dans l’univers de Yôko Ogawa, il est fort possible que l’on ne voie plus jamais le monde de la même façon. Les mots simples qu’elle utilise sont les intermédiaires entre deux mondes : celui que nous connaissons tous, où les objets ont une place inerte, et celui où ils deviennent les messagers d’une histoire. Subtilement, Yôko Ogawa, en déroulant ses intrigues comme un fil d’Ariane, nous perd dans les étranges méandres de la complexité humaine. La légèreté apparente du ton laisse place peu à peu à l’emprise d’émotions contenues sous la chair palpitante de ses mots.
Si l’on voulait expliquer en quelques mots qui était Mina, on pouvait dire que c’était une petite fille asthmatique, qui aimait les livres et allait à dos d’hippopotame. Mais si l’on voulait prouver qu’il s’agissait bien de Mina et de personne d’autre, il fallait dire que c’était une petite fille capable de frotter joliment les allumettes.

En deux phrases, sans un mot de trop, Yôko Ogawa livre les éléments essentiels de La marche de Mina. Cette précision méticuleuse, presque froide, finit par créer une atmosphère singulière, à la fois poétique et déroutante. Mina est entre deux mondes, fragile et forte à la fois, tout comme Pochiko l’hippopotame. Yôko Ogawa construit ainsi une histoire envoûtante où la réalité prend une dimension magique. Mina est une collectionneuse d’un genre particulier : les boîtes d’allumettes qu’elle conserve avec application sont les tiroirs secrets de son esprit.
Je pense que Mina m’a sans doute vraiment ouvert son cœur à partir du moment où elle m’a montré ses “boîtes à boîtes d’allumettes” [...] Je pris celle, décorée de fleurs rouges, qui se trouvait devant moi. Elle avait dû contenir des bonbons ou autres friandises. Au milieu était fixé un petit coquillage et il suffisait de tirer dessus pour soulever le couvercle. [...] Je n’ai pas tardé à m’apercevoir que quelque chose était écrit à l’intérieur de la boîte. Au début, j’ai cru que les dessins de fleurs de l’extérieur s’étendaient également à l’intérieur, cependant ce n’étaient pas des fleurs mais des mots. Au dos du couvercle et à l’intérieur sur les côtés, jusque sur le fond, était écrit serré de la main de Mina le récit de la boîte d’allumettes.
Cette passion des collections, on la retrouve dans Le musée du silence, mais ici le classement d’objets hétéroclites répond à un but beaucoup moins poétique. Dès le début de cette histoire fascinante, on sent des possibilités inquiétantes dans le but recherché par l’instigatrice du musée. Une fois encore, sans hâte et avec une extrême précision, Yôko Ogawa pose les jalons d’une intrigue de plus en plus dérangeante.
J’ai décidé, chaque fois que quelqu’un meurt au village, de me procurer l’objet qui caractérise au mieux la personne. Comme vous avez pu le voir, c’est un endroit insignifiant où l’on ne meurt pas tous les jours. Mais cette collection est une affaire sérieuse.
Le muséographe chargé de mettre en scène cet étonnant musée se lance dans l’aventure avec compétence, mais rien ne se déroule de façon prévisible. L’inattendu est au rendez-vous. Peu à peu, l’atmosphère s’épaissit, comme toujours dans les romans de Yôko Ogawa. Si vous n’avez jamais pénétré dans ces ambiances si particulières, n’hésitez plus : laissez-vous porter par ces intrigues déroutantes, en marge de notre monde et pourtant si imprégné des traditions humaines. Au sortir de votre lecture, vous aurez un regard neuf sur ce qui vous entoure…
Vous souhaitez réserver l’un de ces ouvrages
Alya-Dyn
BETTENCOURT… ET ……. LA POETIQUE !
Posté dans Evénements, Fenêtre sur Bib, Lumière sur..., Patrimoine le 13 juillet 2010
Parmi les livres présentés cet été, la bibliothèque municipale d’Auch ( au fait de l’actualité !) souhaite vous faire découvrir ou approfondir un aspect plus méconnu et surtout plus “léger” lié aux BETTENCOURT !
En effet, dans cette famille n’oublions pas celui qui fut tout à la fois le frère, le beau-frère mais surtout l’artiste : Pierre Bettencourt ( 1917-2006). Il eut une vie discrète et néammoins remarquable. Sa biographie
Tour à tour peintre, écrivain, poète, éditeur, il suit au collège de France le cours de poétique de Paul Valery. Pendant la guerre, Pierre Bettencourt imprime avec sa propre presse à bras ( installée au fond du jardin alors que sa maison familiale est occupée par les allemands), certains écrits de ses amis Henri Michaud et Jean Paulhan. Plus tard, il publie notamment Artaud, Jean Dubuffet ou Francis Ponge. Pierre Bettencourt est un amoureux des mots, auteur à l’humour caustique et à l’imaginaire puissant comme en témoigne sa bibliographie sélective . Il fut aussi un grand voyageur, explorant l’Océanie, l’Inde, l’Afrique ou l’Egypte.
En 1953, il compose des hauts-reliefs sur fonds peints incluant des matériaux divers pour mieux amplifier l’épaisseur ; Et ce dans un style qui sera apparenté à l’art brut. L’artiste y mêle fantastique, érotisme, originalité, hors de toutes conventions et de tout académisme. Pierre Bettencourt multiplie les expériences : auto-imprimeur il signe avec originalité ses ” achevés d’imprimés” devenus celèbres dans le milieu bibliophile. Facétieux, il écrit sous différents pseudonymes, il publie en 1951 ” L’oeuvre ” de Terentianus Maurus , poème en latin composé avec les maximes des pages roses du Petit Larousse et indiqué comme sortis de l’imprimerie de la BNF ! ou encore, il imprime sur de vrais billets de banque ( avant de les remettre en circulation ! ), des maximes comme celle de Baudelaire : “Homme libre, toujours tu chériras la mer “, à tel point que la Banque de France le prie d’arrêter et que son frère André Bettencourt, ministre doit intervenir ! ses créations
Quittant un jour sa normandie natale, Pierre Bettencourt s’installe dans le pays Bouguignon à partir de 1963 et c’est à Stigny qu’il s’éteint le 13 avril 2006.
La bibliothèque municipale d’Auch, possède 3 livres d’artistes d’aprés des textes et illustrations de Pierre Bettencourt ; Il s’agit de :

- “ Le dieu de la mer ” illustré de 3 lithographies d’aprés les pastels de l’auteur
- “Les nonnes grises” avec une eau-forte de Pierre Alechinsky
- “La planète Arethuse et autres récits” illustré par l’artiste
Ces trois livres vous seront présentés cet été sous vitrines avec d’autres livres d’artistes sortis du fonds précieux. Vous trouverez également en section adulte de la bibliothèque cinq ouvrages de Pierre Bettencourt que vous pourrez emprunter :
” Discours sur le grand tout”, ” Fables fraîches pour lire à jeun”, Mille morts”, “L’homme cristal (suivi de) Le dernier amour du colonel Radoschkovski “, “ L’océanie à bicyclette”.
Nous vous invitons dans deux prochains articles à poursuivre la rencontre avec Pierre Bettencourt en découvrant ses oeuvres plastiques et littéraires accompagnées par nombres d’anecdotes sur sa vie surprenante et sur les artistes qu’il fréquenta … ( à suivre).
Vous souhaitez réserver l’un de ces ouvrages

Fête de la Musique ou quand l’Italie rencontre la France…
Posté dans Un peu, beaucoup... le 1 juillet 2010
… Il ne s’agit pas toujours de football,
mais d’un petit dictionnaire original, musical, italien-français :
Les fantaisies de Mélodie.
Un coup de cœur dans lequel Bernadette Moens nous propose une ode à la musique en illustrant cet univers.
Dans la collection “Tesselle de Bologne” qui se propose de constituer une mosaïque de la jeune création vue depuis la Foire Internationale du Livre de jeunesse. Aux éditions “Lirabelle”.
Un bel album à retrouver en section jeunesse.
Lilipuce.
Une île, un livre…
Posté dans Evénements, Lumière sur..., Un peu, beaucoup... le 25 juin 2010
Nous allons bientôt fêter le premier anniversaire de notre blog. Grâce à vous tous, nouveaux lecteurs ou habitués, c’est une vraie réussite et nous vous en remercions. Certains résultats statistiques concernant Bib’n blog sont très intéressants. Par exemple, vous serez sans doute curieux d’apprendre quelle question lancée sur Google ou autre moteur de recherche amène le plus grand nombre d’internautes sur notre adresse… Eh ! bien, l’interrogation récurrente de nombreux internautes est : Comment survivre sur une île déserte ? Au tout début de l’aventure Bib’n blog, Madame Bovary vous avait proposé un article sur ce sujet et ainsi nombreux sont ceux qui ont eu accès à nos pages. Certains – en quête de recettes de survie – ne s’y sont pas attardés ; d’autres sont allés plus loin…
Dans le cadre d’une animation sur la lecture, la bibliothèque avait réalisé un petit sondage auprès de ses habitués. L’une des questions posées était : Quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? Chaque participant donnait un titre et l’ensemble des réponses fut présenté sur un panneau. Parmi les bibliothécaires, le sujet généra de nombreuses discussions : difficile de choisir un seul livre… Pourtant, pour certains – et pour moi en particulier – la réponse fut simple et immédiate, comme une évidence qui s’impose avec force et n’accepte aucune alternative. Des lecteurs citèrent de gros ouvrages, comme La Bible ou les œuvres complètes de Federico Garcia Lorca en un seul volume et en espagnol… Sans hésiter une seule seconde, un titre me vint à l’esprit : Siddhartha d’Hermann Hesse. Ce n’est pas un “pavé”, loin de là… Il ne fait que 157 pages. Pourtant, il contient tout ce qu’il faut pour survivre sur une île déserte. Je ne vais pas faire ici l’éloge de ce livre magnifique ; je ne vais pas non plus vous faire un portrait d’Herman Hesse. Je veux juste vous livrer quelques lignes à méditer en des lieux solitaires…
Bien souvent déjà il avait entendu toutes ces choses, bien souvent les voix du fleuve avaient déjà frappé ses oreilles, mais aujourd’hui ces sons lui semblaient nouveaux. Il commençait à ne plus bien les distinguer ; celles qui avaient une note joyeuse se confondaient avec celles qui se lamentaient, les voix mâles avec les voix enfantines, elles ne formaient plus qu’un seul concert, la plainte du mélancolique et le rire du sceptique, le cri de la colère et le gémissement de l’agonie, tout cela ne faisait plus qu’un, tout s’entremêlait, s’unissait, se pénétrait de mille façons. Et toutes les voix, toutes les aspirations, toutes les convoitises, toutes les souffrances, tous les plaisirs, tout le bien, tout le mal, tout cela ensemble, c’était le monde.
Voici, pour l’anniversaire du blog une nouvelle rubrique Une île, un livre… Pour l’alimenter, nous avons besoin de vous. Faites-nous découvrir quelques lignes de “votre” livre. Vous pourrez ainsi répondre à la grande interrogation Comment survivre sur une île déserte ?
Alya-Dyn
Peu d’objets éveillent, comme le livre, le sentiment d’absolue propriété. Tombés entre nos mains, les livres deviennent nos esclaves – esclaves, oui, car de matière vivante, mais esclaves que nul ne songerait à affranchir, car de feuilles mortes. Comme tels, ils subissent les pires traitements, fruits des plus folles amours ou d’affreuses fureurs. Et que je te corne les pages […] et que je te pose ma tasse de café sur la couverture, ces auréoles, ces reliefs de tartines, ces taches d’huile solaire… et que je te laisse un peu partout l’empreinte de mon pouce, celui qui bourre ma pipe pendant que je lis… et cette Pléiade séchant piteusement sur le radiateur après être tombée dans ton bain (« ton bain, ma chérie, mais mon Swift ») et ces marges griffonnées de commentaires heureusement illisibles, ces paragraphes nimbés de marqueurs fluorescents… ce bouquin définitivement infirme pour être resté une semaine entière ouvert sur la tranche, cet autre prétendument protégé par une immonde couverture de plastique transparent à reflets pétroléens… […]
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