Le baron perché, d’Italo Calvino

Certains livres ne se démodent pas et connaissent parfois une longévité étonnante. Mieux, ils semblent parfois revenir de loin pour éclairer l’actualité d’une façon singulière. Le baron perché d’Italo Calvino fait partie de cette catégorie. Si vous ne me croyez pas, alors (re)plongez-vous dans l’histoire extravagante de ce jeune baron qui, à la suite d’une dispute familiale, grimpe dans les arbres du jardin et n’en redescend plus. Côme Laverse du Rondeau commence sa vie perchée à douze ans et accomplira sa vie d’homme dans les arbres. Pendant tout le récit, on se demande si le héros finira par redescendre sur terre. Les premiers, les membres de sa famille pensent voir revenir parmi eux ce jeune révolté.

Notre père se pencha par la fenêtre :
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d’idée ! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d’idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras !
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.

Peu à peu, le jeune baron organise sa nouvelle vie. Il lui faut tout repenser, à commencer par sa tenue vestimentaire. À quoi pourraient bien servir rubans, cravate de dentelles, habit soigné et guêtres impeccables, lorsqu’on vit dans les arbres ? Côme adapte sa tenue aux circonstances et développe d’ingénieuses solutions à tous les aspects inattendus de son existence arboricole.

L’hiver arriva. Côme se confectionna une grosse casaque de fourrure, en cousant tout seul les peaux de plusieurs bêtes qu’il avait chassées : des lièvres, des renards, des martres et des furets. Il portait toujours sur la tête sa toque de chat sauvage. Il se fit également une culotte en poil de chèvre, avec un fond et des genoux de cuir. Pour les souliers, il arriva à la conclusion que, sur les arbres, rien ne vaut des pantoufles. Et il s’en fit une paire, de je ne sais quelle peau, peut-être bien du blaireau. […] Pour la nuit, Côme avait trouvé le système de l’outre fourrée. Plus de tente ni de cabane, mais une peau dont le pelage était tourné à l’intérieur, suspendue à une branche.

On aurait pu imaginer qu’un tel personnage aurait choisi cette vie pour s’isoler du monde et mener une vie recluse comme le ferait un Robinson Crusoé ou le personnage d’Abel inventé par Aron Tamasi. Ces deux héros, dont il fut précédemment question dans ce blog, se retrouvent dans des conditions de vie si rudes qu’ils doivent sans cesse inventer des solutions de survie. Pour Côme, c’est un isolement choisi, mais qui ne l’empêche nullement de mener une vie sociale. Il côtoie des enfants voleurs, un bandit nommé Jean-des-Bruyères et même Napoléon ! Il lit, écrit, étudie les arbres. Bref, c’est un homme qui s’inscrit parfaitement dans le siècle des Lumières. Son frère Blaise, qui nous relate cette surprenante aventure, rencontre un jour Voltaire qui l’interroge :

- C’est chez vous, mon cher Chevalier, qu’il y a ce fameux philosophe qui vit sur les arbres, comme un singe ?
Moi, flatté, je ne pus m’empêcher de lui répondre :
- C’est mon frère, monsieur, le baron du Rondeau. […]
- Mais c’est pour approcher du ciel que votre frère reste là-haut ?
- Mon frère soutient, répondis-je, que pour bien voir la terre, il faut la regarder d’un peu loin.
Voltaire apprécia beaucoup cette réponse.

Par ces quelques phrases, Italo Calvino exprime une importante vision du monde qui perdure bien au-delà de 1957, année de la création de ce conte philosophique. Bien d’autres choses dans ce magnifique texte interrogent les femmes et les hommes de notre temps : le rapport à la nature, à la liberté, aux contraintes de notre société. Comment ne pas trouver dans cette œuvre très dense un écho à toutes les grandes questions qui agitent plus que jamais nos vies trépidantes ?

Alya-Dyn

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iBoy


Tom mène une vie plutôt tranquille dans sa cité. Tout bascule le jour où il reçoit un iPhone sur le crâne et tombe dans le coma. À son réveil il s’aperçoit que des changements se sont opérés : des morceaux de l’appareil incrustés dans son cerveau lui donnent de nouvelles capacités. Il peut librement surfer sur le net, intercepter n’importe quelle conversation, en bref être connecté en permanence. Ces « iPouvoirs » s’accompagnent de transformations encore plus surprenantes : Tom arrive à générer des champs magnétiques qui non seulement le protègent mais qui peuvent s’avérer très convaincants face à l’adversité en engendrant des électrochocs. Mais comment gérer toutes ses transformations et ne pas s’en servir pour venger Lucy, son amie agressée par le gang des « Corbeaux » ?

The B.T.C.
Si The Biblio Take Care ne prend pas soin de vous, qui le fera ?

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Une voix dans la nuit, de Inoué Yasushi

Les circonstances qui vous amènent vers un livre sont parfois hautement improbables, mais c’est souvent ainsi que l’on fait les plus belles rencontres littéraires. Ainsi, pour les bibliothécaires que nous sommes, la circulation des livres entre rayonnages et mains des lecteurs est toujours une source de découvertes. Le livre d’Inoué Yasushi, Une voix dans la nuit, fait partie de ces ouvrages tant de fois empruntés que la reliure fatiguée et les cahiers usés avaient déjà sollicité les soins attentifs des bibliophiles que nous sommes. La grande popularité de ce roman a suscité ma curiosité et je n’ai pas été déçue… Comment avais-je pu ne pas pénétrer plus tôt dans l’univers d’Inoué Yasushi ? Bien sûr, la bibliothèque nous offre la profusion littéraire, mais justement il est difficile de céder à toutes nos boulimies de lectures. C’est pourquoi, le hasard peut aussi contribuer à ces moments magiques qui sont les épices de notre métier.

Les livres qui remplissaient les rayonnages étaient tous sans exception en rapport avec le Manyô-shû. Cela faisait plus d’un tiers de siècle qu’il avait commencé à les collectionner, vers la trentaine, alors qu’il n’était qu’un simple instituteur ; mais chaque mois, deux ou trois volumes venaient encore s’y ajouter. Du moment que « Manyô-shû » figurait sur la couverture, il réunissait tout […]

Kyôshiro, le personnage principal du roman voue une passion sans limite au Manyô-shû, recueil de poésies japonaises composées aux septième et huitième siècles. Pour développer ses connaissances sur le sujet et éventuellement acquérir de nouveaux ouvrages, Kyôshiro décide de se rendre à Tokyo pour une exposition de livres anciens. C’est aussi l’occasion pour lui de s’arrêter chez son fils aîné et de jouer avec sa petite-fille Sayuri. Mais rien ne va se passer comme prévu : d’abord il n’achète aucun livre – contrairement à son habitude – ensuite il se fait renverser par une voiture au moment où il tente de ramasser les chaussons rouges achetés pour Sayuri et tombés sur la chaussée. Cet accident de la circulation est le point départ d’un délire du vieil homme.

Les bruits des voitures, les sirènes des ambulances, les grincements des grues sur les chantiers de nuit, le roulement lointain des derniers trains, bref, tous les bruits de la ville lui semblaient alors comme autant de rugissements des démons. […] Ce temps où les démons feraient la loi allait sûrement être très long. Il durerait encore un ou deux jours, sans doute bien plus, des dizaines de jours, des mois, ou qui sait, même des années et des années. Car le combat de Kyôshiro contre les démons ne faisait que commencer. Une rude bataille venait de s’engager et il ne pouvait dire quelle en serait la durée.

Kyôshiro entend une voix qui lui ordonne : « Lutte, redresse, délivre ! ». Ainsi commence sa « croisade » contre les démons du monde moderne. Cette quête utopique, il ne va pas l’entreprendre seul. Ne pouvant se décider à abandonner Sayuri, sa petite-fille, aux démons de la ville, notre héros n’hésite pas à l’enlever. Très vite, deux autres personnages se joignent à l’aventure : une jeune femme solitaire et un chauffeur de taxi. Commence alors une folle équipée à travers le Japon pour trouver le lieu idéal où les démons ne pourront les poursuivre et corrompre l’âme si pure de Sayuri. Le guide de ce voyage, c’est le Manyô-shû, par la voix de Kyôshiro. Les stances rythment les déplacements des quatre personnages et dessinent au fil des pages un portrait du Japon entre tradition et modernité.

Les démons ont effacé du cœur des hommes le respect de la vie. Jamais on a fait aussi peu de cas de la vie, de la sienne propre ou de celle des autres, de celle des bêtes ou de celle des plantes. Depuis que les démons ont fabriqué des armes pour anéantir l’humanité, les gens ont complètement changé.

Ces lignes écrites en 1952 prennent un relief singulier au lendemain des terribles épreuves vécues par le Japon. On ne peut qu’être frappé par la résonance de ces mots après la catastrophe de Fukushima et le questionnement sur la technologie qu’un tel désastre a suscité. En son temps, Inoué Yasushi a trouvé les mots pour nous alerter sur la puissance de nos « démons » modernes. Le créateur est un éveilleur de nos consciences endormies. Encore faut-il l’écouter…

Alya-Dyn

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La sublimation de l’existence dans le théâtre du grand siècle, 2ème partie

"Suréna" au Théâtre des Abbesses

Dans la première étude du recueil d’essais de Paul Bénichou il s’agit d’analyser les pièces de Corneille dans ce qu’elles nous disent du drame politique qui se noue.

Le dernier long frémissement de la sensibilité féodale transparait dans l’opposition des grands de l’aristocratie à cette monarchie absolue incarnée par le Roi durant les ministères Richelieu puis Mazarin. La caste aristocratique, antienne d’un temps révolu, celui du gentilhomme-guerrier mu par des principes comme le courage, la fidélité à son suzerain, la vaillance du cœur, se reconnait dans les personnages solitaires dessinés par Corneille sur cette scène bientôt espiègle (avec Molière) où la Cour prend la mesure du chaos ordonné par la raison d’état. C’est pourquoi, nous dit Paul Bénichou, « pendant toute cette époque, la rébellion politique fut avant tout le fait de la haute noblesse ».

Loyauté dans l’obéissance, dépouillement de l’envie, dépouillement de la tyrannie, sincérité de la protection : il s’agit ici de la mise en œuvre des vertus qui lient dans un pacte d’inviolabilité le vassal et le suzerain. Sans oublier assurance et autorité dans le commandement, et surtout, chez le plus faible, refus de se plier au commandement injuste :

Lorsque le déshonneur souille l’obéissance
Les Rois peuvent douter de leur toute-puissance. (Don Sanche, II, 1)

Le héros du drame cornélien est stoïque ou clément, il incarne avant tout la résistance héroïque à l’oppression, mais aussi la résistance à la tentation d’opprimer (qui est l’apanage du prince comme nous l’a appris Machiavel). Le stoïcisme du héros s’incarne chez Cinna, chez Nicomède, chez Suréna ; la clémence et la magnanimité sont quant à elles incarnées par Auguste, César, Agésilas, Nicomède après sa victoire. L’aristocratie du temps de Corneille désire que le pouvoir des Rois soit sacré, mais qu’il soit aussi limité. Pour éviter toute tentation d’absolutisme et de despotisme chez le monarque craint et admiré on cherche un appel d’air dans les pièces de Corneille, surveillé de près par les membres de l’Académie sous la férule du puissant Richelieu, lequel se méfie de la subversion à l’œuvre dans ces pièces de théâtre aimées du public et des grands aristocrates du Royaume.

Un cœur né pour servir sait mal comme on commande. (Pompée, IV, 2)

Ce qui explique pourquoi l’historien Mézeray, écrivant sous la Fronde, fait ce reproche à Louis XI dans son Abrégé chronologique de l’Histoire de France (t.II, p.155), celui de mettre en exergue « l’abaissement des grands et l’élévation des géants du néant. »

Marcellien

À suivre…

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Le bestiaire des élèves

Dans ce blog, il fut déjà question des bestiaires médiévaux aux créatures hautement improbables, hybrides étonnants dont les illustrations se trouvent dans notre fonds ancien. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’en reparler tant le sujet est riche. Pour le moment, je souhaite vous faire découvrir le fantastique travail réalisé par les élèves d’une classe de 5ème du collège Salinis, guidés par leur enseignante. Avec le même entrain qu’ils avaient eu pour aborder une randonnée d’écriture en septembre 2011, ils se sont attaqués à un autre défi : créer leur bestiaire à la manière de ceux du Moyen-Age. Nous les avons donc reçus au cœur de la bibliothèque, pour une visite de nos fonds patrimoniaux. Voici les titres des ouvrages des seizième et dix-septième siècles dont ils ont pu admirer les illustrations ou les marques typographiques :

Guillaume Rondelet : L’histoire entière des poissons. Lyon : M. Bonhome, 1558. Fonds ancien n°1477

Ulisse Aldrovandi : De piscibus libri V et de cetis lib. Unus. Bologne : Bellagamba, 1613. Fonds ancien n°1899

Conrad Gesner : Historiae animalium. [3 vol.] Francfort : [T.1 Cambierian 1603, T.2 Jean Wechel 1585, T.3 1555]. Fonds ancien n°1916

Sante Pagnino : Hoc est, Thesaurus linguae sanctae… Lyon : Sébastien Gryphe, 1529. Fonds ancien n°3953

Giovanni Nanni : Antiquitatum variarum volumina XVII. Paris : Jehan Petit, 1515. Fonds ancien n°3979

Lorenzo Valla : Laurentii Valle de lingua latina… Paris : Jean Barbierri, 1509. Fonds ancien n°3981

Martyrologium sive Sanctorum Martyrum catalogus… Paris : Jacques Kerver, 1573. Fonds ancien n°4400

Barthélémy de Cologne : Dialogus mythologicus… Paris : Jean Laliseau, [1504]. [Troisième œuvre d'un recueil] Fonds ancien n°4407

Denys le Périégète : Dionysii Alexandrini opus de Situ orbis, cum commentariis Eustathii… Paris : Poncet le Preux, 1556. Fonds ancien n°4697

Athanase Kircher : Athanasii Kircheri… Arca Noë in tres libros digesta… Amsterdam : Johannes Janssonius, 1675. Fonds ancien n°4912

Olaus Magnus : Historia de gentibus septentrionalibus… Romae : [sans nom], 1555. Fonds ancien n°5871

Robert Gaguin : La mer des croniques et miroir hystorial de France… Paris : Pierre Gaudoul, [sans date]. Fonds ancien n°5885

De cette rencontre entre des élèves et des livres de notre patrimoine, un bestiaire contemporain a pris forme. Vous pouvez le découvrir et le feuilleter sur notre portail. Nul doute que leur travail unique saura vous conquérir…

Alya-Dyn

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Les courts romans de Philip Roth

Impeccable romancier depuis plus de quarante ans, figure tutélaire des lettres américaines, Philip Roth n’a plus rien à prouver à personne, depuis pas mal de temps déjà.

Avec la parution de son roman La Tâche (The Human Stain) dans les années 90, qui prend place dans le cycle romanesque Les livres de Zuckerman, le romancier de la Côte Est avait ébloui même les critiques  euro-centrés les plus pointilleux. On reconnaissait en lui un styliste hors pair mais surtout un raconteur d’histoires considérable, dans la lignée des grands anciens (Melville, London, Faulkner, Hemingway, …).

En mettant à nu les affres du vieillissement, de la déperdition et de la lente agonie qu’implique la vieillesse de chacun Philip Roth traite de l’unique sujet qui lui tient à cœur : l’humaine condition, à travers les soubresauts de l’Histoire (American Pastoral, The Plot Against America) et ceux de l’appréhension désordonnée des êtres et du monde dans lequel ils vivent.

Mais depuis une bonne dizaine d’années Philip Roth livre à ses lecteurs des courts romans qui figurent dans un nouveau cycle : Némésis. Pour l’instant trois d’entre eux ont été publiés chez nous chez Gallimard ; il s’agit d’Everyman, Indignation, puis Le Rabaissement, qui est le dernier en date.

Dans ces romans le minimalisme à l’œuvre dans la prose de Roth dégage une force considérable et avant tout une clarté narrative assez inouïe à l’heure des romans-sommes, totalité de papier écrasantes et intimidantes. Roth quant à lui s’est délesté de tous les oripeaux qui encombrent les pages hallucinées de plusieurs de ses congénères. Il est loin, très loin, de l’exercice de style, de ce ton qui cherche à dire aux autres plumitifs : « Lisez plutôt, et faîtes pénitence ». Les années 90 sont loin, on ne lance plus un livre aujourd’hui chez A. Knopf ou Vintage dans Manhattan comme on faisait autrefois, quand les jeunes louves et loups avaient le vent en poupe. Trente années de hauts faits et gestes dans le landernau de la littérature adulte nord-américaine auront suffi pour qu’on prenne la mesure de la grandeur et du souffle puissant des textes romanesques comme Beloved (Toni Morrison), Indépendance (Richard Ford), Blonde (Joyce Carol Oates), Le Maître des illusions (Donna Tartt), American Psycho (Bret Easton Ellis), Le Temps où nous chantions (Richard Powers), Sutree (Cormac MacCarthy), Underworld USA (James Ellroy), …

Philip Roth a retenu la leçon ; à travers ses quatre derniers romans (le cycle de Némésis + Exit le fantôme) ce qu’il nous livre c’est qu’en racontant la vie d’un homme, qui est à la fois tous les hommes mais aussi le terreau des affects auxquels on n’échappe jamais, on peut arriver à dégager une loi commune : en maitrisant les mots, en choisissant avec soin la façon la plus adaptée de présenter quelqu’un au lecteur, on fait acte d’allégeance, celui d’être capable d’intéresser n’importe qui à la vie commune, mais aussi unique, de n’importe quel quidam qui déambule et qui s’agite.

À près de quatre-vingts ans Philip Roth a découvert le secret de la réalisation d’une œuvre faite pour durer : parler à tout le monde, et à personne d’autre que soi-même, quand le soir tombe en flamboyant sur les rives de l’Hudson ou de l’East River.

Marcellien

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