Archives de la catégorie Un peu, beaucoup…

À lire absolument : Le météorologue, d’Olivier Rolin

À l’occasion d’un voyage aux îles Solovki pour les besoins d’un film, Olivier Rolin découvre dans la bibliothèque du monastère un album d’herbiers, de dessins et de lettres adressées à sa fille par Alexeï Féodossiévitch Vangengheim, météorologue, déporté en 1934. Victime de la terreur stalinienne parmi tant d’autres, il occupe les rares instants qu’il peut voler au travail à composer pour Eléonora, trois ans et demi, des planches éducatives reproduites en fin d’ouvrage. Touché par cette histoire, Olivier Rolin a mené des recherches approfondies et reconstitue pour le lecteur l’histoire de cet homme moyen, ni lâche, ni héroïque, qui se raccroche, pour ne pas sombrer, à l’amour qu’il porte à sa famille et aussi, malgré tout, à sa « confiance dans le Parti et le pouvoir soviétique ».

Pendant mes promenades, (…) je parle à la lune et je lui demande de transmettre mon salut à mes chéries. Elle vous envoie sa lumière en même temps qu’à moi.

Un récit très touchant, que je vous recommande vivement.

Madame Bovary

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The Wolf Among Us – 1ère partie

Actuellement, je découvre le jeu-vidéo The wolf among us. Ayant de nombreuses choses à dire sur ce jeu, je vous propose deux articles. Cela me permet de donner un avis avec plus de précision, mais aussi de faire un article avec une première impression puis, de faire un bilan sur l’oeuvre.

The wolf among us est une histoire tirée de l’univers du comics Fables (souvenez-vous). Ici, on incarne, Bigby, alias le grand méchant loup, dont la fonction est celle de shérif de Fableville. On est donc chargé de toutes les affaires criminelles, problèmes de voisinage etc.

Très rapidement le jeu nous happe comme un bon film, le déroulement des premières scènes se passe avec des plans très cinématographiques. Notre héros est appelé pour une affaire tout à fait commune, mais cette dernière va vite dériver en enquête plus glauque. L’ambiance qui se dégage est excellente, ces couleurs de la nuit, le rose et le violet des néons, le bleu des ruelles sombres. BAM ! On est projeté dans Fableville. Les graphismes au style comics sont très agréables et font honneur au support originel. Personnellement, même le design du menu du jeu m’avait plu… Smile

Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu une expérience vidéo-ludique si forte. De plus, les non-joueurs peuvent être facilement touchés.

Le base créative du studio Telltale Games est liée à notre marge de manœuvre dans le jeu, aux rapports entretenus avec les personnages etc. Chacune de nos actions ont une incidence, du moins c’est l’impression que l’on a. Mais ça je vous propose de l’aborder prochainement dans un second article.

 

Vous pouvez découvrir ce jeu-vidéo en salle numérique

Less’ Klave

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Relisez vos classiques : La dame pâle, d’Alexandre Dumas (1849)

En 1825, la guerre fait rage entre la Russie et la Pologne. À la demande de son père, la belle Hedwige part se réfugier au monastère de Sahastru, dans les monts Carpathes. En chemin, elle est attaquée, ainsi que ses guides, par une bande de brigands. Conduite au château des Brancovan, elle est l’objet d’une lutte acharnée entre deux frères qui se disputent son amour. Mais, vous le savez, qui dit Carpathes dit bien souvent vampire, et l’un des deux frères revient chaque nuit mordre la belle, qui devient de plus en plus pâle et faible.

Rien de bien original dans cette nouvelle, mais Dumas a une belle plume et excelle à créer des atmosphères.

En ce moment, un rayon de lune glissa par la fenêtre à travers les rideaux, et, venant se jouer sur le canapé où elle était couchée, l’enveloppa d’une lumière bleuâtre qui semblait faire d’elle une statue de marbre noir couchée sur un tombeau.

Pas une voix n’accueillit la proposition, mais le silence profond qui régna dans le salon annonça que chacun attendait avec anxiété.

Une lecture agréable donc, que je vous conseille.

Madame Bovary

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Relisez vos classiques : La Rabouilleuse, Honoré de Balzac

Rabouiller, c’est agiter l’eau d’un ruisseau pour faire remonter les écrevisses vers la surface et les capturer. La Rabouilleuse est recueillie très jeune par le docteur Rouget, ému par sa beauté enfantine.

Un jour, en revenant de sa tournée, ce malicieux et vicieux vieillard aperçut une petite fille ravissante au bord des prairies dans l’avenue de Tivoli. [...] Semblable à une naïade, la petite montra soudain au docteur une des plus belles têtes de vierge que jamais un peintre ait pu rêver. Le vieux Rouget, qui connaissait tout le pays, ne connaissait pas ce miracle de beauté. La fille, quasi nue, portait une méchante jupe courte trouée et déchiquetée, en mauvaise étoffe de laine alternativement rayée de bistre et de blanc. Une feuille de gros papier attachée par un brin d’osier lui servait de coiffure. Dessous ce papier plein de bâtons et d’O, qui justifiait bien son nom de papier-écolier, était tordue et rattachée, par un peigne à peigner la queue des chevaux, la plus belle chevelure blonde qu’ait pu souhaiter une fille d’Eve. Sa jolie poitrine hâlée [...] montrait des places blanches au-dessous du hâle. La jupe [...] faisait assez l’effet d’un caleçon de nageur. Les pieds, les jambes, que l’eau claire permettait d’apercevoir, se recommandaient par une délicatesse digne de la statuaire au Moyen Age. Ce charmant corps exposé au soleil avait un ton rougeâtre qui ne manquait pas de grâce. [...] Enfin cette nymphe avait des yeux bleus garnis de cils dont le regard eût fait tomber à genoux un peintre et un poète. Le médecin, assez anatomiste pour reconnaître une taille délicieuse, comprit tout ce que les arts perdraient si ce charmant modèle se détruisait au travail des champs.

Cette enfant si angélique devient au fil du roman un personnage avide et calculateur. Balzac entraîne son lecteur dans une sombre histoire de captation d’héritage et d’amour maternel bien mal récompensé. Passionnant, malgré la noirceur du thème.

Madame Bovary

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Dans les pas de Sebald : à la découverte de la littérature autrichienne

L'écrivain Arthur Schnitzler

W. G. Sebald, La Description du malheur. À propos de la littérature autrichienne, Actes Sud, 2014.

L’écrivain allemand Winfried Georg Maximilian Sebald nous invite à découvrir la littérature autrichienne dans La Description du malheur. Regroupant plusieurs textes, réunis en 1985, sur des auteurs majeurs autrichiens, le livre est une manière cordiale de déambuler dans la forêt touffue et mystérieuse de cette littérature prodigieuse en langue allemande.

Délivrant des analyses audacieuses sur des écrivains mal connus en France, comme par exemple Adalbert Stifter (1805-1868) dont vous pouvez emprunter le superbe recueil de nouvelles Cristal de roche (Editions Jacqueline Chambon, 1988) à la bibliothèque, ou encore le poète Ernst Herbeck (1920-1991), Sebald, lui-même extraordinaire écrivain, malheureusement disparu le 14 décembre 2001, tisse son panorama de la littérature autrichienne qu’il aime avec un sens exemplaire du détail ; si bien qu’une fois un chapitre consacré à un auteur terminé, nous n’avons qu’une envie, irrépressible, c’est celle de se jeter sur le livre analysé, afin de mieux comprendre et d’investir à son tour les ressorts mis en œuvre par l’auteur pour donner une figuration tangible à un monde parfois idéalisé, parfois rejeté avec force (ex. Sifter, Bernhard).

L’analyse, par exemple, de La Nouvelle rêvée d’Arthur Schnitzler (1861-1931), librement adaptée pour le cinéma en 1999 par Stanley Kubrick et Frédéric Raphaël, est un modèle d’analyse littéraire et philosophique revigorante, et clairement compréhensible par tout un chacun.

En découvrant l’œuvre d’auteurs aussi différents que Kafka, Schnitzler, Hoffmannstahl, Thomas Bernhard, … Sebald nous sensibilise à la liberté de ton de ces écrivains autrichiens parfois injustement oubliés. Une sensibilité qui a permis l’éclosion d’une littérature vivante, puissante, orgueilleuse, parmi les meilleures de son temps.

La Description du malheur est un livre essentiel pour comprendre d’où vient notre modernité littéraire, à la jonction du dix-neuvième et du vingtième siècle.

Marcellien

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Steampunk : Anno Dracula, de Kim Newman

Anno Dracula est un roman qui part du postulat que le Comte vampire de Bram Stoker a battu le professeur Van Helsing puis s’est marié avec la reine Victoria.

L’auteur Kim Newman nous plonge dans une Angleterre glauque où les personnages réels se mêlent aux personnages de fiction. En effet, Newman a créé son univers à partir d’un panel impressionnant de la culture « vampirique », gothique et victorienne. Quelques exemples pour vous permettre d’imaginer l’ambiance : un étrange assassin éventre les vampires, la veuve Stoker dirige un salon ou encore le vampire Lord Ruthven de John William Polidori est premier ministre d’Angleterre.

Durant le récit, le lecteur va être transporté à travers les actions de différents personnages dont les objectifs tournent autour de la recherche de ce criminel qui éventre les prostituées vampires. L’auteur arrive admirablement bien à nous plonger dans cette enquête et c’est un plaisir de découvrir cette société victorienne dystopique, son fonctionnement, les relations entre vampires et humains, les ruelles inquiétantes de Whitechapel.

Cependant, ce que l’on pourrait reprocher à ce roman, c’est la culture sur le sujet du vampire qu’il faut posséder pour réussir à capter toutes les facettes du roman. Si l’on n’a pas lu Dracula ou qu’on ne se rappelle plus du film de Coppola, on a le sentiment frustrant de passer à côté de quelque chose de génial. Néanmoins, cette récente réédition d’Anno Dracula est chargée d’annexes qui sont une sorte de consolation et qui nous permettent de mieux estimer la richesse de cette œuvre.

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Less’ Klave

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