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Les exercices de survie de Jorge Semprun
Posté par redacteur dans Lumière sur..., Un peu, beaucoup... le 23 mai 2013

L'écrivain humaniste Jorge Semprun
Jorge Semprun, Exercices de survie, Gallimard, 2012
Le dernier texte publié de Jorge Semprun est un texte posthume, le tout premier d’une série de volumes qui, malheureusement, ne verront jamais le jour ; la maladie en ayant décidé autrement.
Une fois la lecture du livre terminée, on reste un temps en apesanteur, ému par la limpidité de la prose, sa beauté caressante mais aussi sa parcimonie, qui confronte plusieurs strates de temps (les dimanche à Buchenwald, les journées à Paris ou à Auxerre pendant l’occupation, la clandestinité à Madrid, de 1952 à 1962…), de remémoration (la torture subie, la souffrance insupportable, insondable, mais aussi la résistance de l’esprit, qui empêche de parler à ses bourreaux de la Gestapo française) ; tout cela, et bien plus encore, à l’aune des cheminements d’une vie humaine épousant les méandres de l’histoire cataclysmique du vingtième siècle.
Mais le récit de la geste est bouleversant.
Evidemment, on ne naît pas homme de plume, on le devient. Mais Jorge Semprun fut plus que cela, une sorte de « héros officiel dans l’Union Européenne » selon la belle terminaison d’Imre Kertész. Il y en eut d’autres : Stéphane Hessel, les époux Aubrac, François Jacob… Et il est bon de se plonger dans les textes de ces vivifiants passeurs, pour comprendre d’où nous venons, et à qui nous devrions dire merci. Car c’est une chose de boire un café en terrasse, en fumant une cigarette et en conversant avec un ami, avenue Kléber, par une journée ensoleillée de printemps ; c’en est une autre d’accomplir ce même geste en mai ou juin 42 par exemple, au même endroit, pas très loin de l’Hôtel Majestic. Il est des gestes simples, parfois, en des circonstances particulières, qui demandent davantage que de la volonté et du courage : une abnégation dans l’idée même qu’on risque de se faire prendre, de chanceler sous la torture, et de n’avoir pas assez d’une vie pour le regretter.
Ce récit alerte de Jorge Semprun bourdonne longtemps en nous une fois sa lecture terminée, comme une lumière qui ne s’éteint jamais, dans le brouillard dérisoire de nos vies sibyllines.
Cet ultime livre de Jorge Semprun est celui de la réconciliation, avant l’extinction complète des derniers feux de bruyère.
Marcellien
Qui est l’auteur du texte ?
Posté par redacteur dans Lumière sur..., patrimoine, Un peu, beaucoup... le 2 mai 2013
Luciano Canfora, Le Copiste comme auteur, Anacharsis, 2012.
« Que lit-on, et surtout qui lit-on, quand on a sous les yeux les textes de l’Antiquité classique ? »
C’est à cette question que Luciano Canfora, professeur de philologie à l’université de Bari, répond dans cet essai passionnant.
Depuis l’Antiquité les textes n’ont cessé de parvenir jusqu’à nous, et les grandes bibliothèques patrimoniales dans le monde (la Bibliothèque Apostolique Vaticane, la Bibliothèque Laurent de Médicis, la Bibliothèque de Ravenne et celle de Vienne, …) regorgent de trésors écrits il y a plus de deux mille ans. Mais au fait, quand nous lisons en traduction une pièce de Sophocle ou d’Aristophane, ou bien un recueil de discours de Démosthène, dans une belle édition Guillaume Budé à couverture orange, que lisons-nous vraiment ? A-t-on droit au texte original, pensé puis écrit comme tel par l’auteur de l’époque ? Non, car la notion d’auteur travaillant seul dans son cabinet, sans relâche, sur un manuscrit, avant de le remettre à son éditeur, est une notion moderne (depuis le quattrocento), quand on a décidé d’apparenter l’auteur à l’être singulier qui écrit la seule version légitime du texte, attestée par le manuscrit autographe et les brouillons (mais qu’en est-il alors de Shakespeare ou des pièces de Corneille et de Molière dont aujourd’hui ne subsiste aucun manuscrit ?).
Pendant l’Antiquité les choses n’étaient nullement définies. Certains prônaient un enseignement oral, dans l’enceinte du Portique, de l’Académie ou du Lycée, et les élèves retranscrivaient sur rouleau ce qu’ils entendaient. Et puis surtout, nous rappelle Canfora, on copiait, on recopiait les textes, de différentes manières, avec des variantes, des ajouts, des oublis, des réécritures, sur différents supports (rouleaux, tablettes, parchemins, papyrus, codex, …) et chaque tradition scripturale inventait de nouvelles règles grammaticales et syntaxiques (comme l’Ecole des grammairiens d’Alexandrie par exemple).
Le copiste est celui qui perpétue la mémoire du texte, même si ce dernier est altéré il ne disparaît pas ; il s’enrichit au contact de ceux qui s’escriment à redonner en lecture le corps du texte, puisque la leçon (le texte supporté par un manuscrit) originale, originelle, est souvent perdue, pour toujours.
Mais dans la succession des âges et des transmissions mémorielles le monde du savoir, de la connaissance et de l’enchantement, n’a jamais cessé d’exister. Grâce au travail casuistique, herméneutique, philologique, éreintant mais prodigieux, fourni par les copistes et les érudits, de tout temps et en tous lieux. Ainsi ils réinventèrent ce qui fut éprouvé un jour, puis écrit, sous le soleil d’Athènes, de Cnossos, de Rome ou de Bagdad.
Et c’est à cette aptitude à transmettre que les copistes consacrèrent le meilleur d’eux-mêmes, comme une offrande, en partage, à travers siècles et continents.
Cet essai très agréable à lire de Luciano Canfora est à déguster en salle Etude au deuxième étage, au rayon « Nouveautés ».
Marcellien
Le singe de Hartlepool, de Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau
Posté par admin dans Un peu, beaucoup... le 24 janvier 2013
Le singe de Hartlepool, grosse et agréable surprise bdistique.
Enfin une surprise… Il faut savoir qu’il y a tout de même le génial Wilfrid Lupano aux commandes, accessoirement auteur de l’excellent Célestin Gobe la Lune et de L’Assassin qu’elle mérite. J’en viens à me demander si ce scénariste n’est pas l’un des meilleurs actuels (avec Gabella qui assure aussi).
L’histoire du singe de Hartlepool se base sur la légende du même nom. Personnellement, je ne la connaissais pas, ma surprise a donc été totale et je ne peux évaluer les libertés qu’a pu prendre Lupano vis-à-vis de son scénario.
En tout cas, les personnages sont excellents et très riches, personnages principaux comme secondaires. J’ai adoré la crétinerie des enfants d’Hartlepool, l’innocence du singe, l’humanisme du médecin, la sénilité du vétéran infirme. Mais j’ai aussi pesté face à l’ignorance et la bêtise des villageois et militaires. De même, pour une bande-dessinée, on parle souvent du dessin et du scénario, mais ici, il faut aussi mettre une mention spéciale aux répliques et aux mots qui sont aussi extrêmement efficaces.
Osons la comparaison ! (j’ai dit) En lisant cette bd, je ressentais le même sentiment d’injustice et de honte vis-à-vis de la bêtise militaire et de la connerie humaine qu’en regardant un bon Kubrick (Les sentiers de la gloire, Barry Lyndon). Et tout de même, ces sentiments-là, au-delà du sujet, je ne les aurais pas eus sans les qualités de Kubrick ou ici de ces deux auteurs.
Car j’ai pour l’instant parlé de Lupano mais pas de Moreau. Le dessinateur surprend dans le dynamisme des traits, les plans, les expressions des visages, la couleur. Bref, une franche réussite pour ce dessinateur fraîchement arrivé dans le milieu…
Une bd très riche, qui alerte, effraie et qui malgré son histoire datant de 1814, reste sacrément actuelle.
Less’ Klave
Le sens caché…
Posté par redacteur dans Lumière sur..., patrimoine, Un peu, beaucoup... le 10 janvier 2013
Le sens caché : art et histoire, de l’Antiquité au 11 septembre de Flavio Febbraro et Burkhard Schwetje (Ed. Ludion, 2010) permet de relier histoire de l’art et histoire mondiale. Chronologiquement, par l’étude d’œuvres artistiques, ce livre montre surtout la subjectivité de ces représentations par rapport à la réalité historique. En effet, longtemps, le pouvoir et les artistes sont inextricablement liés. Le premier utilisant les seconds pour mieux se valoriser, s’imposer, voire même réécrire l’histoire. Les artistes ne sont que des sujets qui permettent donc de ré-interpréter le réel imposé par les puissants.
Jusqu’au 18ème siècle, cette vision perdure mais, avec les révolutions française et américaine, débute une période d’histoire de l’Art plus « militante ». La démarche artistique emportée par les temps nouveaux ose exalter la victoire idéologique de divers courants historiques. Au 19ème siècle toutes les révolutions sont ainsi représentées. On voit même apparaître un art soucieux de dénoncer les violences et atrocités de certaines facettes de l’histoire, par exemple la guerre à travers sa transposition picturale :
Depuis La bataille de San Romano par Paolo Uccello en 1432.
La bataille est ici très « esthétisante ». L’atmosphère agitée de la bataille et du corps à corps [...] comme suspendue dans une atmosphère irréelle qui sublime le combat et l’idéalise dans une représentation exemplaire et des couleurs féeriques… comme le bleu des montures au sol.
Plus loin dans l’ouvrage nous trouvons : Le Trois mai 1808 à Madrid. Les exécutions sur la colline Principe Pio de Francisco de Goya en 1814.
Au centre de la scène, l’homme en blanc est le « christ populaire ». Il évoque l’image du martyr. À genoux devant les fusils il a une taille de géant. Les cadavres des fusillés sont montrés dans leur atrocité, le sang recouvre le sol. Le peloton d’exécution n’a pas de visage, ce qui souligne l’inhumanité de l’action que les soldats accomplissent…
Ainsi au 20ème siècle, il est quasi-impossible de trouver un artiste qui glorifie les victoires militaires sauf dans la propagande d’un régime totalitaire. Au contraire certains artistes impliqués dans la guerre, comme le peintre Otto Dix qui enthousiaste s’engage dans la 1ère guerre mondiale, en réchappe bouleversé, pacifiste et utilise son art pour dénoncer le traumatisme généré dans : La guerre, Otto Dix, 1929-1932.
Un paysage déshumanisé [...] terrible avec au centre, le seul être vivant est un homme qui n’a plus grand chose d’humain, le visage couvert par un masque à gaz. Autour de lui cadavres, ruines, décombres sont un condensé horrible de l’expérience vécue. Pendu à un pylône, un squelette pointe du doigt le gouffre : c’est la macabre désacralisation des nombreuses figures angéliques qui montrent la voie des cieux dans les retables. Ici ne subsiste que l’enfer !
En consultant cet ouvrage, le lecteur se rendra compte que chaque évènement historique est relaté généralement par une double page, comportant une œuvre d’art et des commentaires s’y référant. Parfois le même évènement est illustré par plusieurs œuvres pour accentuer les différents regards possibles pour un même fait historique. En histoire, les périodes antérieures entraînent souvent des glissements sémantiques face au réel, néanmoins au fil des temps, l’Art, par sa liberté d’expression, contribue indéniablement à la formation d’une conscience historique indépendante.

Enjamber le temps…
Posté par redacteur dans patrimoine le 3 janvier 2013
Si les hommes ont une destinée éphémère, il n’en est pas de même pour les œuvres patrimoniales ou artistiques qu’ils laissent derrière eux. Avec les multiples techniques d’investigation que notre siècle met à notre portée, analyser les créations du passé permet de mieux comprendre l’histoire. Ainsi en est-il pour les deux ponts de Paris dont il est question ici. Ces gravures proviennent d’un ouvrage de notre fonds ancien – n° G93 – récemment exposé dans notre bibliothèque pour la première thématique parisienne de cet automne. Cette Histoire de Paris composée par D. Michel Felibien (1725) comporte cinq volumes avec de magnifiques planches dépliantes. L’homme à qui l’on doit ces vues des bords de Seine s’appelait Jean Chaufourier (ou Chaufourrier), nom que la postérité n’a pas gardé dans ses rangs mais qui a quand même une petite place dans le prestigieux « Benezit » – Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs… Voici ce que
l’on peut lire au sujet de Chaufourier :
Peintre et graveur, né à Paris en 1679, mort à Saint-Germain-en-Laye le 28 novembre 1757. […] Le titre le plus intéressant de Chaufourrier est peut-être d’avoir été le professeur de dessin de Jean-Pierre Mariette. Grâce à la protection du duc d’Antin, il fut reçu à l’Académie Royale de peinture en 1735 et fut nommé professeur-adjoint de perspective. Peu après, il succéda à M. de Boullogne dans l’emploi de dessinateur de l’Académie des belles-lettres. Mais M. de Maurepas ayant jugé de la médiocrité du talent de Chaufourrier, fit donner la place de dessinateur à Bouchardon en 1736. […]
Les noms de Jean-Pierre Mariette et Edme Bouchardon ont traversé les siècles, ce qui n’est pas le cas de Chaufourrier. Pourtant, en regardant ces représentations de Paris, on peut trouver de l’intérêt à voir ces images du passé dont subsistent aujourd’hui encore des éléments. En un mot, ces images poussent nos pas dans ceux des historiens, pour reconstituer l’évolution des sites au fil du temps. Sur la première gravure, on reconnaît facilement le Pont-Neuf. Dans l’ouvrage sur Paris, édité par Citadelles & Mazenod en 1997, Guy-Michel Leproux situe pour nous l’origine du plus vieux pont de la capitale :
[…] le roi [Henri III] fut à l’origine du premier grand projet d’urbanisme parisien, qui préfigurait les réalisations d’Henri IV : en 1578, il posa la première pierre du Pont-Neuf, pont d’une longueur et d’une largeur jusqu’alors inusitées dans la capitale. C’est lui-même qui en avait choisi l’emplacement […]
On trouve dans le Dictionnaire de Paris une histoire de ce pont et notamment l’importance d’Henri IV qui, à la suite d’Henri III, fit reprendre les travaux en 1598. Le Pont-Neuf, contrairement à ce qui se faisait jusqu’alors, fut libre de toute construction. Henri IV voulait ainsi préserver la vue vers le Louvre. Le rôle majeur du Vert Galant dans l’histoire du Pont-Neuf est symbolisé par la statue équestre d’Henri IV qui, de nos jours encore veille sur le passé, même si ce n’est qu’une copie de la statue originale détruite en 1792.
En contemplant des vues actuelles du Pont-Neuf, on reconnaît aisément la plupart des éléments figurant sur notre gravure du dix-huitième siècle. Pour le deuxième pont représenté ici, il est beaucoup plus difficile à identifier par suite de multiples péripéties dans son histoire et des changements dans sa structure. Il me fallut confronter de nombreuses vues pour finir par identifier le pont de la Tournelle. Sa structure ayant connu de nombreuses modifications, l’étude de l’environnement proche me permit de reconnaître le fort de la Tournelle et la porte Saint-Bernard. L’actuel pont n’a rien à voir avec celui qui fut bâti en 1656 afin de contribuer au développement de Paris par la maîtrise du fleuve, mais il garde sa fonction de communication comme les 34 ponts qui jalonnent la Seine.
Encore une fois, l’observation de gravures anciennes nous plonge dans un passé riche d’enseignements sur l’histoire d’un lieu. Les livres à notre disposition dans nos médiathèques et les sites spécialisés de notre univers numérique nous permettent d’alimenter ces recherches et d’enjamber les siècles tout comme les ponts de cet article.
Alya-Dyn
La mémoire culturelle
Posté par redacteur dans Lumière sur... le 20 décembre 2012
Jan Assmann, La mémoire culturelle, Ecriture, souvenir et imaginaire politique dans les civilisations antiques, Aubier « Collection historique », 2010
Jan Assmann est un égyptologue allemand qui enseigne à l’université de Heidelberg. Son livre répond aux questions suivantes : comment une société se souvient-elle ? Quel rôle joue la mémoire dans la construction d’une identité culturelle ?
En comparant plusieurs civilisations de l’Antiquité entre elles Jan Assmann apporte des réponses riches de sens, très intéressantes, à l’heure où les autorités des pays de la sphère occidentale semblent vouloir imposer à leurs citoyens une identité nationale et culturelle construite de toutes pièces, univoque.
Le sujet du livre propose une articulation en trois thèmes : « le souvenir » (ou rapport au passé), « l’identité » (ou imaginaire politique), et « la continuité culturelle » (ou formation d’une tradition).
Le cours de l’histoire humaine s’inscrivant dans la non-répétition du Même (ni cycles invariants, ni fin de l’histoire selon Fukuyama) l’histoire mémorielle est devenue la première préoccupation des nations dans le monde. Dans un monde globalisé, avec une connectivité infinie (réseaux sociaux, numériques, world wide web…) entre nations et entre humains, le processus de narration historique ne peut plus être encyclopédique comme aux siècles passés mais plutôt parcellisé, segmenté, de sorte que le grand récit du monde ne paraisse pas à flux tendus ; c’est seulement la remémoration et la commémoration des évènements historiques propres à chaque pays qui constitue depuis quelques décennies leur imaginaire politique et social. Le temps de la perpétuation du souvenir (quand existaient encore des témoins vivants) ne coïncide plus avec celui de la narration ritualisée, institutionnalisée, et jamais remise en question une fois figée dans les décrets du corps légiférant. L’histoire officielle propose une version des faits, des évènements, sur laquelle doit s’accorder le corps social afin de donner le sentiment d’une vision commune du temps présent et de l’avenir. C’est pourquoi demeure si important le rituel de la commémoration (celui du dépôt de gerbes devant le Monument aux morts par exemple) : « tous les rites comportent ce double aspect de répétition et de commémoration » qui trouve son origine dans le Séder du judaïsme, qui est la cérémonie de remémoration de la fuite hors d’Egypte du peuple élu. Le Séder doit suivre un ordre rigoureux : il y a d’abord répétition, ensuite commémoration (la lecture du Haggadah le soir du Séder).
Finalement comment les sociétés se souviennent ? Et quelle image elles se font d’elles-mêmes en se livrant au souvenir ?
En répondant à ces questions Jan Assmann nous livre une formidable contribution à une théorie générale de la culture, opérant un point de rencontre entre la nécessité de construire du temps culturel, et de révéler ensuite la constitution de l’identité collective à travers l’imaginaire politique. Large défi qui structure toutes les sociétés humaines dignes de ce nom.
Marcellien
La bataille est ici très « esthétisante ». L’atmosphère agitée de la bataille et du corps à corps [...] comme suspendue dans une atmosphère irréelle qui sublime le combat et l’idéalise dans une représentation exemplaire et des couleurs féeriques… comme le bleu des montures au sol.
Au centre de la scène, l’homme en blanc est le « christ populaire ». Il évoque l’image du martyr. À genoux devant les fusils il a une taille de géant. Les cadavres des fusillés sont montrés dans leur atrocité, le sang recouvre le sol. Le peloton d’exécution n’a pas de visage, ce qui souligne l’inhumanité de l’action que les soldats accomplissent…