Articles contenant le tag siècle des Lumières

Animal de légende, le dragon…

Parmi les animaux de légende, le plus flamboyant est bien sûr le dragon ! Cet être fabuleux, hôte des endroits inaccessibles qu’il défend jalousement de toute intrusion, évoque pour tous la force, la puissance et l’invulnérabilité. Porteur de toutes les ambiguïtés, entre force démoniaque dans la tradition chrétienne où il est l’incarnation de Lucifer et symbole de bonheur en Extrême-Orient où il est identifié au dieu du feu, le dragon n’a cessé de remplir sa fonction d’archétype indispensable dans l’imaginaire des hommes. Il est devenu l’animal légendaire par excellence, celui qui nourrit les contes où le héros doit vaincre le monstre pour conquérir une princesse ou un trésor. On peut se demander avec raison s’il existe une base réelle pour la création de cet animal fabuleux et terrifiant.

Aristote évoque […] à plusieurs reprises le « drakôn », soit au sens général de « grand serpent » que ce mot a en grec, soit pour désigner une espèce déterminée de poisson ; mais ce dernier vocable, étymologiquement apparenté à un verbe signifiant « fixer du regard », et qui depuis Homère peut aussi désigner un animal fabuleux (notre « dragon »), est lourd d’ambiguïtés virtuelles qui ne manqueront pas de se développer ultérieurement.

Cette phrase tirée du livre Animaux étranges et fabuleux d’Ariane et Christian Delacampagne – dont nous avons déjà eu l’occasion de parler dans un article précédent – montre à quel point la notion de dragon est ancienne. L’article que l’on peut trouver dans la célèbre Encyclopédie de Diderot et D’Alembertn° G172 de notre fonds ancien – propose une explication scientifique sur l’existence supposée des dragons. Pour les hommes du Siècle des Lumières, il convenait de faire avancer les connaissances et reculer les superstitions. Voici ce que l’on pouvait lire au sujet des dragons :

Il n’y a déjà dans les livres que trop de ces histoires fabuleuses de dragons : j’avoue qu’il y en a quelques-unes qui sont fondées sur de grandes autorités, & je ne suis pas éloigné de les croire vraies pour le fond, en mettant quelques modifications dans la forme. Je pense qu’on a donné indistinctement le nom de dragon aux animaux monstrueux du genre des serpens [sic], des lésards [sic], des crocodiles, etc. que l’on a trouvés en différens tems [sic], & qui ont paru extraordinaires par leur grandeur ou par leur figure.

Pour aller plus loin dans l’explication scientifique, on peut confronter le mythe de l’animal légendaire avec la réalité paléontologique. Dans le passionnant ouvrage Dragons entre sciences et fictions, édité par le CNRS, Philippe Taquet éclaire d’un jour nouveau ces croyances superstitieuses du passé :

Les hommes des temps anciens ont été très certainement frappés par la découverte fortuite de restes enfouis dans le sol, d’ossements gigantesques et de crânes aux formes bizarres, qui furent interprétés comme la preuve de l’existence de créatures monstrueuses.

Rien d’étonnant donc à ce que des ossements de dinosaures ou de mammouths trouvés dans le sol aient pu générer des idées de créatures monstrueuses. Il ne faut d’ailleurs pas s’en plaindre : l’invention des mythes fait partie de la construction psychique des individus et engendre la création artistique indispensable à toutes les sociétés humaines. Ainsi les dragons ont nourri l’imaginaire des écrivains, peintres, sculpteurs et dans nos livres anciens, si chers à mon cœur de bibliothécaire, on peut voir des dragons de toutes sortes, comme vous pouvez le voir avec les illustrations de cet article. On comprend en voyant ces représentations à quel point cet animal légendaire a pu revêtir d’aspects différents que ce soit le dragon de l’ouvrage d’Olaus Magnus, Historia de gentibus septentrionalibus – n° 5871 de notre fonds ancien – clairement identifiable avec son corps écailleux de serpent, ses ailes et ses pattes griffues, ou encore les serpents de Conrad Ges(s)ner dans son Histoire des animaux – n° 1916 – avec une mention spéciale pour l’animal à sept têtes qui s’apparente aux dragons, malgré l’absence d’ailes. Quand on sait que Conrad Ges(s)ner est considéré comme un des pères de la zoologie, on conçoit mieux à quel point l’existence de ces créatures fantastiques était bien réelle pour lui et les hommes de son temps.

De nos jours, du conte à l’étude scientifique, du roman de fantasy au jeu de rôle, les dragons font encore abondamment partie de l’imaginaire et de la création humaine, sans oublier, tous les douze ans, à l’occasion du nouvel an chinois, la célébration par les asiatiques de cet animal mythique, symbole de bravoure, de noblesse et de chance. En cette année 2012, assez sombre au regard de l’actualité, espérons que le dragon, dont c’est la grande fête, remplira ce rôle bénéfique qu’on veut bien lui attribuer…

Alya-Dyn

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La sublimation de l’existence dans le théâtre du grand siècle, 4ème partie

Représentation d'Andromaque à la Comédie-Française

Avec Racine on arrive progressivement à l’introduction de la nature dans la tragédie, en un long cheminement d’appréhension puis de compréhension des soubresauts de la nature humaine.

Racine bouleverse le genre, sans s’en rendre forcément compte ; mais ça ne masque pas l’essence sublime de la tragédie, ni ne la diminue.

La dramaturgie de Racine réside dans une psychologie nouvelle de l’instinct, quand Corneille, lui, privilégiait l’héroïsme de ses personnages. Mais l’idéalisme aristocratique concerne aussi la poétique racinienne, et se définit à travers la jonction entre le sublime (l’activation des vertus héroïques) et la tendresse. Mais, très vite, Racine se débarrasse de l’héroïsme et de la tendresse au nom de la nature, et ce projet racinien va bouleverser en profondeur le poème tragique, et instituer un nouveau modèle dramaturgique ; le nœud du drame selon Racine puise aux sources de la psychè des héros et de la permanence des questionnements moraux, individuels et collectifs. Dans Iphigénie par exemple on se pose les questions suivantes : pourquoi les dieux sont en colère et retardent d’autant la chute de Troie ? Faut-il sacrifier la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre ? Que pèse l’amour d’une mère face à la parole sacrée de l’oracle ?

La pièce inaugurale du bouleversement racinien dans le théâtre français a pour nom Andromaque ; elle est représentée le 18 novembre 1667 à Paris, à l’Hôtel de Bourgogne. Les arabesques qui dessinent une nouvelle carte du tendre donnent naissance à la formulation d’une psychologie de l’amour. Ces mouvements du cœur seront continués dans Bajazet et dans Phèdre. On va y voir s’échafauder une passion brutale, possessive, un feu ardent qui consume les amants ; c’est dans la déréliction, le dérèglement des sens, que se forge une force nue, destructrice, celle de la passion amoureuse, qui n’épargne personne, à rebours de l’amour courtois et du code d’honneur chevaleresque. Ici le désordre des affects entraîne des catastrophes en cascade : amour et haine entre amants, suicides, attentats, meurtres, tentatives de régicide, cités qui tombent, en proie à la folie furieuse des sentiments exacerbés. Le cœur du monde, chez Racine, bat au même rythme que celui des amants tragiques.

« Ce qui distingue le personnage de Racine n’est pas la puissance de l’amour, mais la forme de cet amour, à la fois égoïste en ce qu’il vise à la possession de l’objet à n’importe quel prix, et ennemi de lui-même, tout entier tourné vers le désastre » nous dit Paul Bénichou.

Pour Racine, il faut concevoir l’instinct en un mot « naturel », au sens janséniste de ce mot ; car il fut lié à Port-Royal, les vingt premières et les vingt dernières années de sa vie.

À suivre.

Marcellien

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La sublimation de l’existence dans le théâtre du grand siècle, 3ème partie

Andromaque jouée à la Comédie-Française

Ce qu’offrent aux spectateurs du temps, mais aussi à nous autres au XXIème siècle, les tragédies de Corneille c’est la représentation de l’ingratitude des Rois : par exemple dans Nicomède le souverain se méfie de Nicomède à qui il doit tant de victoires, et la pièce résonne de manière fort équivoque sur le public de l’époque ; car lorsqu’elle est représentée pour la première fois « les princes » présentés comme indisciplinés, prétentieux et arrogants (Condé, son frère Conti et son beau-frère le duc de Longueville) « étaient encore en prison par ordre de Mazarin » au début de l’année 1651. Leur captivité ne s’acheva qu’en février 1651.

D’ailleurs dans Suréna, la dernière tragédie de Corneille (et une des plus belles de tout le théâtre classique), représentée trente ans après la Fronde, le héros est persécuté par la famille royale au nom de la raison d’état :

Plus je les servirai, plus je serai coupable
Et s’ils veulent ma mort elle est inévitable…

Ce que cherchent les personnages tragiques du dramaturge c’est concilier la royauté et les « gens de cœur », nœud gordien du drame. Soulever le peuple en sa faveur, quand on se heurte à l’ingratitude royale, est un instrument dangereux. Mais le peuple n’a pas sur la scène de représentants. Le dramaturge garde toujours à l’esprit le point fixe de chacune de ses pièces : à quel point doit-on éprouver la suzeraineté magnanime ? La réconciliation finale doit avoir lieu, entre le monarque et les grands du Royaume. La question que pose alors Corneille est la suivante : où finit la royauté, et où commence la tyrannie ?

C’est cette problématique qui va heurter la sensibilité hiératique des jansénistes de Port-Royal, et qui va occuper Paul Bénichou dans le chapitre « La métaphysique du jansénisme ».

En premier lieu le jansénisme est différent du christianisme conciliant qui a aussi irrigué une bonne partie de la littérature du XVIIème siècle. Le point culminant de leur philosophie c’est celui de la doctrine de la grâce efficace. Pour les jansénistes l’homme ne peut seul, juste par la force de sa volonté, racheter le péché originel, beaucoup trop considérable. La dévotion, l’idolâtrie, les exercices de contrition et de pénitence, les mises à l’écart du monde, ne suffisent pas pour être touché par la grâce de Dieu. Seul le créateur peut accorder sa grâce, elle ne se mérite pas, ne se demande pas, ne s’accorde avec aucun présupposé moral. Le nier, c’est nier également la toute-puissance divine et l’incorruptibilité de son don, de son action de grâce. Doctrine difficile, élitiste, exigeante, incorruptible, mais aussi philosophie spéculative, le jansénisme séduit les grands créateurs de son temps (Racine, Boileau, Pascal,…).

Mais en aucun cas on ne peut rapprocher Corneille des jansénistes de Port-Royal. Dans ses tragédies Corneille illustre le stoïcisme par le caractère sublime (et parfois élégiaque) dont il revêt l’humanité, par la hauteur de vue de ses personnages illustrant la glorification des « beaux mouvements » de l’homme, qui plaisait tant aux « grandes âmes » de l’aristocratie de son temps.

Non, celui qui illustra le mieux l’enseignement exigeant du jansénisme ce fut le rival à venir, Jean Racine.

[…] Il y a toujours en nous un certain fond, et une certaine racine qui nous demeure inconnue et impénétrable toute notre vie. (Nicole, Visionnaires, 7)

Marcellien

(à suivre…)

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Le baron perché, d’Italo Calvino

Certains livres ne se démodent pas et connaissent parfois une longévité étonnante. Mieux, ils semblent parfois revenir de loin pour éclairer l’actualité d’une façon singulière. Le baron perché d’Italo Calvino fait partie de cette catégorie. Si vous ne me croyez pas, alors (re)plongez-vous dans l’histoire extravagante de ce jeune baron qui, à la suite d’une dispute familiale, grimpe dans les arbres du jardin et n’en redescend plus. Côme Laverse du Rondeau commence sa vie perchée à douze ans et accomplira sa vie d’homme dans les arbres. Pendant tout le récit, on se demande si le héros finira par redescendre sur terre. Les premiers, les membres de sa famille pensent voir revenir parmi eux ce jeune révolté.

Notre père se pencha par la fenêtre :
- Quand tu seras fatigué de rester là, tu changeras d’idée ! cria-t-il.
- Je ne changerai jamais d’idée, répondit mon frère, du haut de sa branche.
- Je te ferai voir, moi, quand tu descendras !
- Oui, mais moi, je ne descendrai pas.
Et il tint parole.

Peu à peu, le jeune baron organise sa nouvelle vie. Il lui faut tout repenser, à commencer par sa tenue vestimentaire. À quoi pourraient bien servir rubans, cravate de dentelles, habit soigné et guêtres impeccables, lorsqu’on vit dans les arbres ? Côme adapte sa tenue aux circonstances et développe d’ingénieuses solutions à tous les aspects inattendus de son existence arboricole.

L’hiver arriva. Côme se confectionna une grosse casaque de fourrure, en cousant tout seul les peaux de plusieurs bêtes qu’il avait chassées : des lièvres, des renards, des martres et des furets. Il portait toujours sur la tête sa toque de chat sauvage. Il se fit également une culotte en poil de chèvre, avec un fond et des genoux de cuir. Pour les souliers, il arriva à la conclusion que, sur les arbres, rien ne vaut des pantoufles. Et il s’en fit une paire, de je ne sais quelle peau, peut-être bien du blaireau. […] Pour la nuit, Côme avait trouvé le système de l’outre fourrée. Plus de tente ni de cabane, mais une peau dont le pelage était tourné à l’intérieur, suspendue à une branche.

On aurait pu imaginer qu’un tel personnage aurait choisi cette vie pour s’isoler du monde et mener une vie recluse comme le ferait un Robinson Crusoé ou le personnage d’Abel inventé par Aron Tamasi. Ces deux héros, dont il fut précédemment question dans ce blog, se retrouvent dans des conditions de vie si rudes qu’ils doivent sans cesse inventer des solutions de survie. Pour Côme, c’est un isolement choisi, mais qui ne l’empêche nullement de mener une vie sociale. Il côtoie des enfants voleurs, un bandit nommé Jean-des-Bruyères et même Napoléon ! Il lit, écrit, étudie les arbres. Bref, c’est un homme qui s’inscrit parfaitement dans le siècle des Lumières. Son frère Blaise, qui nous relate cette surprenante aventure, rencontre un jour Voltaire qui l’interroge :

- C’est chez vous, mon cher Chevalier, qu’il y a ce fameux philosophe qui vit sur les arbres, comme un singe ?
Moi, flatté, je ne pus m’empêcher de lui répondre :
- C’est mon frère, monsieur, le baron du Rondeau. […]
- Mais c’est pour approcher du ciel que votre frère reste là-haut ?
- Mon frère soutient, répondis-je, que pour bien voir la terre, il faut la regarder d’un peu loin.
Voltaire apprécia beaucoup cette réponse.

Par ces quelques phrases, Italo Calvino exprime une importante vision du monde qui perdure bien au-delà de 1957, année de la création de ce conte philosophique. Bien d’autres choses dans ce magnifique texte interrogent les femmes et les hommes de notre temps : le rapport à la nature, à la liberté, aux contraintes de notre société. Comment ne pas trouver dans cette œuvre très dense un écho à toutes les grandes questions qui agitent plus que jamais nos vies trépidantes ?

Alya-Dyn

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Un commentaire

L’abolitionnisme, enfant des Lumières

Chaque année, chaque mois et parfois davantage, les commémorations se multiplient dans notre pays ou dans le monde, sans que nous ayons toujours la possibilité d’analyser et d’assimiler le fait concerné. Ainsi le 10 mai 2011 fut-il en France l’occasion de célébrer deux événements très différents. L’un ayant notablement éclipsé l’autre, nous pouvons donc maintenant revenir tranquillement sur la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition. Après tout, ce sont les médias qui nous fixent cette valse effrénée et permanente d’innombrables commémorations  où l’on perd parfois la réalité et la profondeur de l’histoire. Que l’on célèbre l’abolition de l’esclavage ou le droit des femmes, il n’y pas de nécessité à imposer une seule journée pour des questions aussi fondamentales de notre société…
Une fois encore, deux ouvrages de notre fonds ancien – n° 2569 et n° 2570 – vont nous éclairer sur cette histoire passionnante de l’abolitionnisme. L’un des auteurs, Lagrange de Chécieux, nous fournit matière à réflexion lorsqu’il écrit dans son Mémoire sur les costes [sic] occidentales et orientales de l’Afrique :

De tous les commerces possibles hors de l’Europe, je pense que celui des costes occidentales et orientales de l’Afrique devroit [sic] être recherché avec le plus de soin et le plus d’attention. On peut tirer de cette partie du monde toutes les richesses des Indes orientales et occidentales. Elle produit l’or, l’ivoire, le cotton [sic], les cannes de sucre, le poivre, les esclaves, le tabac, le bois de teinture, le ris [sic] etc. On y pouroit [sic] former des plantations de muriers, d’indigo, de caffé [sic], de cacao. En un mot son climat paroit [sic] propre à nous fournir tout ce qui nous est donné par l’Asie et l’Amérique.

L’énumération des « produits » des côtes africaines est représentative du colonialisme de l’époque. Les esclaves sont cités comme des objets au même titre que la canne à sucre ou le café. Cette façon de chosifier les êtres humains est caractéristique d’une façon de penser où la couleur de la peau détermine le degré d’asservissement. Ce texte manuscrit daté de 1768 trouve son contraire dans les écrits de l’abbé Guillaume-Thomas Raynal. Certainement moins connu que Voltaire, Diderot et Rousseau, Raynal est pourtant un homme d’influence dont les idées nouvelles sur l’esclavagisme ont fait progresser les hommes de son temps. Son livre – Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes – connut un immense succès. Parue à partir de 1770, cette œuvre fut maintes fois rééditée. Bien sûr, dans ce travail encyclopédique, tous les textes ne sont pas de la main de Raynal et la prestigieuse contribution de Diderot a sûrement été un élément décisif pour le succès de cette histoire des deux Indes, mais cela n’enlève rien au mérite de Raynal. Cet homme s’est inscrit dans l’histoire des idées qui ont fait la Révolution. Il sera obligé de fuir la France pour ne pas être embastillé. Plus tard, en 1791, lorsqu’il ose dénoncer les dérives révolutionnaires, il sera tourné en ridicule par ceux-là mêmes qui l’avaient honoré. Sa popularité lui évita la guillotine mais non les attaques.
Le siècle des Lumières, dans l’effervescence intellectuelle qui le caractérise a fait naître dans l’esprit de beaucoup les idéaux de justice, d’égalité, de liberté qui sont les bases de toute démocratie. Dans toutes les commémorations qui jalonnent la vie des femmes et des hommes de notre temps subsiste la mémoire de tous ceux qui ont osé braver les principes injustes de leur époque. Derrière une simple date ou un décret se cache l’histoire des idées…

Alya-Dyn

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Madame du Châtelet en son temps

À partir d’une simple gravure, on peut faire de vraies découvertes… Ainsi en est-il pour ce frontispice représentant Madame du Châtelet devisant avec Francesco Algarotti. Cette femme de science, brillante érudite du siècle des Lumières, est une adepte de Newton, tout comme son illustre compagnon, Voltaire. Ils vivent au château de Cirey et Algarotti, scientifique italien, y est invité lors de la rédaction de son livre - où l’on trouve le frontispiceIl Newtonianismo per le dame, ovvero Dialoghi sopra la luce, paru en 1737. Cet ouvrage de vulgarisation scientifique des théories de Newton ne sera pourtant pas dédicacé à la belle Dame mathématicienne…

Voici pour les personnages de cette gravure. Mais deux autres noms sont attachés à elle : celui de l’artiste qui a représenté Madame du Châtelet et Algarotti et celui du graveur. Deux signatures figurent en bas de l’œuvre : Giovanni Battista Piazzetta, le dessinateur, et Marco Pitteri, le graveur. Pour mémoire, Piazzetta, peintre et graveur à l’eau-forte est présent au Louvre avec L’Assomption de la Vierge.

Ainsi, derrière une petite gravure dans un livre – n° 2386 de notre fonds ancien – se profilent les destins entremêlés de sept personnes brillantes du siècle des Lumières…

Enfin, pour la petite histoire, sous le portrait de Marco Pitteri figurent les noms du dessinateur, Piazzetta, et du graveur, Pitteri. Vraiment inséparables ces deux-là !!!

Alya-Dyn

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